Histoire des Cimenteries du Pont-du-Prêtre

 
La nature calcaire des roches constitutives des Préalpes favorisa très anciennement l’industrie des chaux et ciments du Dauphiné1. La découverte du procédé de fabrication du ciment par le dauphinois Louis Vicat en 1812 permit à cette industrie traditionnelle de prendre sa place dans l’essor économique du XIXe siècle2.
Ses principales caractéristiques lui ont, dès l’origine, été imprimées par la matière première. Nécessairement proches du lieu d’extraction de la pierre, les fours à chaux ou à ciments frappent d’abord par leur extrême dispersion3.
 
Ce furent, à l’origine, de modestes entreprises familiales4 en raison de la facilité avec laquelle un seul individu pouvait entreprendre l’extraction en surface propre à ces carrières et la transformation de la matière brute par des procédés relativement simples5.
 
La mise en exploitation, au milieu du XIXe siècle, des mines carbonifères de La Mure, voisines des gisements calcaires, permit alors le développement dans la Matheysine de la fabrication des ciments « qui vint s’ajouter à l’exploitation languissante de la chaux et la rénover »6.

L’apparition de cette nouvelle fabrication ne modifiait toutefois guère les conditions générales – dissémination, isolement, difficultés de transport – ni le caractère artisanal de l’industrie dont elle était issue.

 
Cette évolution coïncidait avec l’époque de la construction des grandes voies ferrées qui apportaient une solution au problème des transports, principal écueil de l’industriealpine, grave surtout dans ce domaine des produits lourds7. Dans le même temps l’ouverture des chantiers d’aménagement hydroélectrique des nombreuses chutes d’eau de la région offrait aux producteurs de ciments des marchés propres et avantageux.8

 
Notes
  • 1) Blanchard (Raoul), L’état actuel de l’industrie en Dauphiné dans Recueil des Travaux de l’Institut de Géographie Alpine, IV (1916), pp. 334 ; LEON (Pierre), La naissance de la grande industrie en Dauphiné, p. 629 ; VEYRET-VERNER (Germaine), L’industrie des Alpes françaises, p. 140-141.
  • 2) LEON (Pierre), La naissance de la grande industrie en Dauphiné, p. 499 ; VEYRET-VERNER (Germaine), L’industrie des Alpes françaises, p. 116.
  • 3)VEYRET-VERNER (Germaine), L’industrie des Alpes françaises, p. 31.
  • 4)VEYRET-VERNER (Germaine), L’industrie des Alpes françaises, p. 31.
  • 5)cf. Statistique de l’arrondissement de Barcelonnette (1812) : « La fabrication du plâtre n’est pas un métier dans l’arrondissement. Ce sont des propriétaires qui, voisins des carrières, les exploitent, cuisent et broient le plâtre. On y travaille à peine six mois par an ». Cité par G. Veyret-Verner, op. cit., p. 35. BLANCHARD Raoul, L’industrie des chaux et ciments dans le Sud-Est de la France, XVI (1928), pp. 257-263.
  • 6)VEYRET-VERNER (Germaine), op. cité., p. 116.
  • 7) Ibidem., p. 121-140.
  • 8) LEON (Pierre), La naissance de la grande industrie en Dauphiné, pp. 826-830.
  • 23 J – Fonds de la société des ciments Pelloux

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